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30/11/2006

Pauvreté en milieu rural - La misère

  • Des logements souvent vétustes, avec... la télé achetée à crédit en plus, couleur, grand écran et qui marche jour et nuit. Certains, en arrivent à jalouser ces familles assistées qui ne travaillent pas et qui dépensent comme si.
  • Des dossiers de surendettement en masse, beaucoup de factures (EDF-GDF, eau, loyers, …) non payées.
  • Quelques problèmes d'alcool que l'on a encore plus de mal à aborder en milieu rural qu'en ville, même avec les jeunes.
  • Quelques " familles sans espérance " depuis plusieurs générations, avec des personnes qui ont été ou sont pris en charge par les services sociaux.
  • Une pauvreté culturelle aussi ; ni eux ni leurs enfants n'accèdent, bien sûr, à l'informatique, aux divers spectacles, lecture, …
  • Et tous ceux qui ne demandent rien, parce qu'ils ne savent pas qu'ils ont des droits ou ne prennent plus soin d'eux-mêmes.

C'est comme en ville, pourrait-on dire. Pas exactement. Voici deux particularités rurales particulièrement frappantes

1/ Le pesant regard des autres

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C'est tout le contraire de l'anonymat des villes. Il y a des familles, plutôt des noms de familles, connues, en bien ou en mal, à quinze kilomètres à la ronde. Ces gens qui arrivent de la ville, on ne connaît pas leur père et leur mère. Tout se sait de ce qui sort de l'ordinaire.

L'assistante sociale tient sa permanence dans une pièce de la mairie, sans isolation particulière.

" Je travaille comme employée à ..., je suis connue, et je devais demander de la nourriture au Secours populaire. C'était très dur, mais je l'ai fait pour mes enfants, pour qu'on s'en sorte ".

D'autres préfèrent ne pas demander. Les assistantes sociales font des offres, sans retour. Une personne, qui n'avait plus rien pour se chauffer, n'a pas voulu que l'on s'adresse au C.C.A.S., une autre en surendettement ne veut pas rencontrer d'assistante sociale " pour ne pas être fichée ".

2/ Éloignement, isolement, enclavement

Dans certaines communes du canton, il n'y a pas de transports en commun ou de commerces ambulants. Se déplacer - pour travailler, pour un stage, une formation, une visite au spécialiste... - coûte cher.
Les principales victimes de cette situation sont les jeunes et les plus âgés ou les personnes à faibles ressources.
De nombreux retraités ont sous-estimé l'obstacle et se retrouvent en grande difficulté lorsqu'ils ne peuvent plus conduire.
Pour les aînés, il y a souvent une fille, une nièce ou la mairie qui interpelle l'assistante sociale. Mais pour les autres...
Le problème du déplacement est central et permanent. Les assistantes sociales vont de plus en plus sur place parce que les personnes en difficultés ne peuvent pas se déplacer et, comme ils ne peuvent plus se déplacer, ils n'ont pas de travail.
Il ne se passe plus rien. L'isolement conduit à une perte de sens. Sans relations comment retrouver du sens ? Plus d'instituteur, plus de curé, plus de café... Le sentiment d'abandon : loin du lieu où se prennent les décisions, on ne compte plus. Restent :

  • le sport (foot, rugby) qui intègre peut-être encore un peu les populations en marge ;
  • quelques foyers ruraux accompagnent un certain nombre d'activités pour ceux qui peuvent se déplacer ;
  • des animations dans les maisons de retraite, les clubs du 3ème âge ;
  • le Secours populaire, le Secours catholique, les Restos du cœur ;
  • des personnes qui donnent du temps pour créer du lien...